Le transit BGP
Le transit BGP est un élément clé dans la gestion du trafic Internet à grande échelle, impliquant des relations et des accords entre différents systèmes autonomes. Ces relations se catégorisent principalement en deux types : le peering et le transit.

Le peering est une relation où deux AS s’accordent pour échanger du trafic entre leurs réseaux sans frais. Cette méthode est souvent utilisée par des réseaux de taille similaire pour partager un volume de trafic à peu près équivalent, permettant ainsi une utilisation plus efficace de leurs ressources réseau respectives. Le peering se déroule généralement dans les points d’échange Internet (IXP), où plusieurs AS peuvent se connecter et échanger des informations de routage. Les IXP sont des emplacements physiques où de nombreux réseaux se rejoignent pour faciliter le routage et réduire les coûts et la latence du trafic Internet.
Les IXP sont très important dans ce processus. Ils servent de points centraux pour le peering/transit, facilitant les échanges de trafic entre un grand nombre d’AS. En offrant une plateforme physique pour la connexion directe entre les réseaux, les IXP réduisent la dépendance au transit coûteux et améliorent les performances globales du réseau en réduisant la latence et en augmentant la redondance.
Le transit BGP est une relation où un AS fournit l’accès à l’ensemble d’Internet à un autre AS, généralement moyennant des frais. Cette relation est utile pour les petits AS qui ne disposent pas d’un réseau étendu ou de connexions suffisantes pour atteindre toutes les parties d’Internet. Par le transit, ces petits AS peuvent accéder à des réseaux qu’ils ne pourraient pas atteindre via le peering seul.
Le multi-homing
Les fournisseurs tier-1 pour AS sont des éléments centraux dans la structure du transit BGP, représentant la source de connectivité à Internet pour les AS. Dans le contexte du transit, un upstream est un fournisseur de services Internet plus grand qui fournit l’accès au reste d’Internet. Pour les AS, surtout pour ceux qui cherchent à devenir autonomes et reconnus comme tels, avoir des relations avec plusieurs upstream est non seulement bénéfique, mais souvent nécessaire pour assurer la redondance, la fiabilité et la qualité du service.
En Europe, la réglementation impose qu’un AS doit avoir au moins deux upstream pour devenir opérationnel. Cette exigence vise à éliminer un unique point de défaillance, améliorant ainsi la résilience du réseau. Si un lien ou un fournisseur rencontre des problèmes, le trafic peut être rerouté à travers l’autre fournisseur, minimisant ainsi les interruptions et les perturbations pour l’utilisateur final. Cette pratique est connue sous le nom de multihoming.


Le multihoming offre plusieurs avantages significatifs. Premièrement, il augmente la redondance et la résilience, comme mentionné précédemment. Deuxièmement, cela permet une certaine forme de compétition entre les fournisseurs de transit, donnant à l’AS la possibilité de négocier de meilleurs tarifs ou services. Troisièmement, en fonction de la configuration et de la politique de routage de l’AS, le multihoming peut améliorer les performances du réseau en permettant le choix de l’itinéraire le plus efficace pour le trafic sortant. Cependant, gérer plusieurs relations de transit peut être complexe. Cela nécessite une gestion attentive des annonces de routage, une compréhension approfondie des politiques de chaque fournisseur, et une configuration réseau adéquate pour équilibrer et basculer le trafic comme nécessaire.
Cette obligation d’avoir au moins deux upstream en Europe pour les AS ne vise pas uniquement à assurer la redondance et la fiabilité du réseau, mais joue également un rôle régulateur important. En exigeant qu’un AS établisse des relations avec au moins deux fournisseurs de transit différents, les autorités et les organismes de réglementation s’assurent que la création d’un AS est une démarche sérieuse et légitime, entreprise par des entités qui ont l’intention et la capacité de fournir des services de réseau fiables et professionnels.
Cette mesure préventive sert à dissuader la création d’AS pour des motifs non professionnels ou pour des activités « juste pour s’amuser ». Elle impose une sorte de validation ou de garantie par au moins deux autres entreprises, généralement des transitaires reconnus, qui acceptent de fournir du transit à l’AS en question. Cela signifie qu’un AS potentiel doit démontrer sa crédibilité et sa viabilité à ces upstream avant même de pouvoir devenir opérationnel.
Une fois ces conditions remplies, l’AS peut obtenir un numéro d’AS officiel. Ce numéro permet de participer pleinement aux activités de routage sur Internet, notamment dans les échanges BGP. Cependant, l’obtention d’un numéro d’AS n’est que la première étape du processus de devenir un fournisseur de services Internet à part entière. La prochaine ultime consiste à obtenir des adresses IP, en particulier des adresses IPv4, qui sont devenues une ressource rare et précieuse en raison de l’épuisement des adresses IPv4 disponibles. À ce stade, l’AS entre dans une file d’attente pour obtenir ses propres adresses IPv4, processus qui peut être long et complexe en raison de la pénurie d’adresses disponibles et de la transition vers IPv6.
